Convoyé du Texas, le Lockheed P-38 Lightning a rejoint les Flying Bulls en 2009.
Ils étaient 25 000 spectateurs sur l’aéroport de Mollis les 18 et 19 août 2023, pour assister au meeting de jets et warbirds le plus insolite d’Europe.
Après le retrait des Hawker Hunter en 1994, la Patrouille suisse reçut 12 F-5E Tiger II. En 2023, elle n’en aligne plus que sept, dont un spare.
L’avenir de cet appareil reste incertain, puisque la flotte de F-5 doit – officiellement – être mise à la retraite en 2024, à moins d’un rebondissement…
Habitués aux horizons plats du Bourget, de La Ferté-Alais ou de Duxford, les fanas de l’aviation français ne connaissent pas forcément les magnifiques sites alpins de nos proches voisins helvétiques qui accueillent notre Rafale Solo Display (RSD), quelques-uns de ses rivaux et des warbirds rutilants. Zigairmeet : c’est ainsi que le canton de Glaris a nommé son meeting organisé tous les deux ou trois ans, depuis 2009, sur son petit aéroport d’aviation d’affaires, à Mollis, à 45 minutes de route, à l’est de Zürich.
Steven De Vries, sur F-16, venait directement de sa base, à Kleine-Brogel, en Belgique, pour effectuer sa « démo », avant d’y retourner. Le pilote prend bien son cap vers les rochers, mais il va entamer une remontée de la pente jusqu’au sommet du Rautispitz, en 20 secondes.
Une scène d’opéra du ciel
Quand on consulte la brochure ou le site internet du meeting, ce n’est pas le plateau et ses avions qui sont mis en avant, mais le paysage lui-même, avec ses montagnes abruptes entre lesquelles la petite piste de 1 555 m se trouve encaissée : Zigairmeet, c’est une scène d’opéra du ciel.
Steven De Vries, sur F-16, venait directement de sa base, à Kleine-Brogel, en Belgique, pour effectuer sa « démo », avant d’y retourner. Le pilote prend bien son cap vers les rochers, mais il va entamer une remontée de la pente jusqu’au sommet du Rautispitz, en 20 secondes.
La base de Mollis était opérationnelle pour Hunter et F-5E/F jusqu’en 1999. Aujourd’hui, cette « base dormante » ouvre ses hangarettes, dont certaines sont creusées dans la roche, à l’occasion du meeting, de façon à mettre à l’abri les aéronefs militaires pendant la nuit.
Ce pilote du JG-74 « Bavarian Tigers », basé à Neubourg, est chargé de reprendre – progressivement – les « démos » militaires » interdites durant plusieurs décennies dans la Luftwaffe, depuis le drame de Ramstein. On se demande vers où se dirige ce Typhoon qui a activé sa postcombustion : la parallaxe créée par la profondeur de champ donne l’impression que l’avion va s’écraser dans le décor.
La piste est orientée dans le sens nord-sud, avec, longeant sa bordure ouest, le mont Rautispitz, qui culmine à 2 283 m, et immédiatement à l’est de ce tarmac le Fronalpstock, à 2 124 m d’altitude. Mais le pied du Rautispitz siège à près de 1 200 m de cette bordure ouest de piste : c’est justement le long des pentes de cette montagne que le spectacle se déroule de 10 à 17 heures.
Ce pilote du JG-74 « Bavarian Tigers », basé à Neubourg, est chargé de reprendre – progressivement – les « démos » militaires » interdites durant plusieurs décennies dans la Luftwaffe, depuis le drame de Ramstein. On se demande vers où se dirige ce Typhoon qui a activé sa postcombustion : la parallaxe créée par la profondeur de champ donne l’impression que l’avion va s’écraser dans le décor.
Zigairmeet, c’est un meeting régional, ce qui n’empêche pas les organisateurs d’inviter, en plus du F/A-18 C national, trois armées étrangères représen tées par un Eurofighter Typhoon allemand, et les « solo displays » des Lockheed Martin F-16 MLU belge et Dassault Rafale français. Les surfaces de parkings étant réduites, le C-17 de la RAF a dû annuler sa venue, et le F-16 belge et le F/A-18 ont rejoint le site directement depuis leurs bases, pour faire leur « démo ». Malgré l’étroitesse des lieux, avions et hélicoptères stationnent tous alignés sur un unique taxiway longeant la piste : EC635, H145, Antonov An-2, Stearman, Morane D-3801, Do 27H2, OV-10B, DC-3, ainsi que trois Beechcraft 18, un Lockheed 12 Electra, et surtout les « musts » de l’industriel national Pilatus : des plus anciens P-3-05 aux PC-7 Turbo Trainer, en passant par les PC-6B2/ H2M des Forces aériennes suisses. Vedettes dans toute l’Europe centrale, les Flying Bull venus du Hangar-7 de Salzbourg, viennent faire briller leurs F-4U4, P-38 L, B-25 J sur les pistes.
Un week-end en Suisse avec ce « furieux » du Vietnam pacifié par la présence d’un chapeau de paille derrière le siège éjectable.
Le bruit des Rolls-Royce EJ200 crachant leur feu dans la cuvette de Mollis est assourdissant.
Le site enclavé dans les montagnes génère des échos amplifiés.
Basés à Salzbourg, les Flying Bulls représentent la plus belle collection de warbirds d’Europe.
Cette collection a été créée par le milliardaire Dietrich Mateschitz (décédé en 2022), fondateur de Red Bull, qui finance la flotte.
Basés à Salzbourg, les Flying Bulls représentent la plus belle collection de warbirds d’Europe.
Cette collection a été créée par le milliardaire Dietrich Mateschitz (décédé en 2022), fondateur de Red Bull, qui finance la flotte.
« Bubu » montre à quoi aurait ressemblé le paysage de la chasse suisse, si la Confédération avait choisi le Rafale, au lieu du F-35.
« Fönsi », pilote au Fliegerstaffel 17 à Payerne, s’offre un petit passage bien « boosté », provoquant quelques ondes de choc visibles.
Depuis le premier « Hornet Solo Display » en 1997, le capitaine Yannick « Fönsi » Zanata est le 10e pilote de « démo » sur F-18 dans l’armée de l’air suisse.
Contrairement aux meetings où ils ont l’habitude de voler toute la saison, les pilotes de jets modernes sont obligés d’adapter leur programme en fonction de la proximité du Rautispitz et de sa hauteur. Ne pouvant évoluer en profondeur, ils tirent profit du décor et s’y adaptent, en longeant le plus longtemps possible la montagne.
L’un des 18 EC635 des Forces aériennes suisses. Propulsés avec deux Pratt & Whitney Canada PW206B2, ces hélicoptères assurent toutes les missions de transport, et la formation des pilotes de l’armée.
Sur F-16, Steven De Vries remonte les pentes jusqu’en haut de la montagne à trois reprises. Le pilote belge explique qu’il doit mettre la PC à mi-chemin pour que son monoréacteur ait assez d’énergie pour aller jusqu’en haut, avant d’entamer une descente en G négatifs. Les Rafale et Typhoon – pourtant un peu moins spectaculaires que leur collègue belge – arrivent à tirer profit de leurs deux moteurs, pour encaisser bien plus d’énergie. Un effet visuel de parallaxe – ou de superposition à distance – crée un trompe-l’oeil : les avions semblent se frotter sur les surplombs des rocs, ou « souffler » les sapins avec leurs moteurs, dans le fracas sonore de l’effet de réacteurs dont l’écho est amplifié par la proximité des parois. C’est toute la magie du Glaris.
Un EC665 Tigre UHT, développé par Airbus Helicopters, anciennement Eurocopter. On reconnaît le viseur de mât et l’absence de canon en tourelle de nez caractérisant cette version antichar allemande.
Le capitaine Bertrand Butin, dit « Bubu 007 » (car il est le 7e pilote du RSD), totalise plus de 1 500 heures de vol sur Rafale. C’est un ancien du 2/30 « Normandie-Niémen », après quelques années passées sur Mirage F-1CR au 1/33 « Belfort ».
La polémique sur le contrat suisse concernant le F-35 est l’occasion pour les Français de présenter aux amis helvètes le Rafale sous son meilleur angle et de rappeler qu’il est toujours au catalogue.