La base d’aéronautique navale ( BAN) de Lann-Bihoué, qui héberge la flotte de surveillance et d’intervention maritime, de patrouille et de guet aérien (vingt-huit appareils), aura à nouveau connu une activité soutenue en 2024 avec douze mille heures de vol cumulées. La BAN assure notamment des détachements permanents à Dakar (Falcon 50) et en Méditerranée orientale (ATL2) tout en réalisant des déploiements de courte durée en fonction des besoins de la Marine et de l’état-major des armées, comme ce fut le cas pour le Falcon 50M en ce début d’année dans le cadre de l’opération Carib Royale visant à lutter contre le trafic de drogues aux Antilles, et probablement fin février pour le lancement d’une Ariane 6 en Guyane. Les ATL2 ont aussi été régulièrement projetés, avec une mobilisation inédite pour l’éclairage du groupe aéronaval, via deux appareils déployés en Indonésie courant janvier. Ils sont également souvent mobilisés en mer Noire dans les missions de lutte contre les mines, depuis la Roumanie, et en mer Baltique lors de vols durant plus de dix heures réalisés au départ de Lann-Bihoué. Enfin, dans le cadre de leur coeur de métier, à savoir la traque des sous-marins, notamment en soutien des mouvements des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). Au total, Falcon 50 et ATL2 ont réalisé trois cent trente missions de surveillance des approches et vingt-huit vols de secours maritime. Les trois E-2C Hawkeye de la flottille 4F ont de leur côté accompli deux déploiements durant l’année 2024, à chaque fois avec deux appareils (le troisième étant traditionnellement en arrêt technique à l’Atelier industriel de l’aéronautique, dit AIA, de Cuers). La mission Clemenceau 25 aura en outre permis la mise en oeuvre pour la première fois de la liaison de données tactiques L22 conformes OTAN.

2025 marque aussi la fin d’un cycle avec la livraison du dix-huitième et dernier ATL2 modernisé au standard 6, et le début du suivant avec la poursuite des travaux d’adaptation de la BAN au futur avion de surveillance maritime Albatros, amenant à des travaux d’infrastructure importants. En parallèle, la 24F a commencé à céder ses Falcon 50M modifiés Triton (intégration notamment de la boule optronique Euroflir 410) à la 25F à Papeete pour compenser le départ des Guardian. Un premier appareil est parti pour le Pacifique en novembre, le deuxième doit suivre en mars-avril, et le troisième début 2026. Des mouvements non compensés à ce stade par des livraisons de Falcon 50M, ce qui impactera fortement l’activité opérationnelle de la flottille 24F déjà touchée par une disponibilité fluctuante et un appareil en modification Triton en permanence. Deux autres Triton partiront cette fois à Nouméa, à l’été 2027.