Un ATL2 basé à Lann-Bihoué a été illuminé dans la nuit du 15 au 16 janvier par la conduite de tir d’un système sol-air S-400 russe lors de sa première opération de surveillance au-dessus de la Baltique. La France venait d’engager cet appareil dans le cadre de la mission Baltic Sentry, lancée le 14 janvier par l’OTAN pour mieux surveiller et protéger les infrastructures sous-marines, notamment en Baltique où plusieurs attaques et tentatives ont été mises à jour depuis celles sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2. L’ATL2 a pu contrôler ainsi l’activité d’environ deux cents navires durant ses cinq heures de vol sur zone, et ce, dans le strict respect des eaux internationales.AAAAAAAAAAAA Selon l’état-major des armées (EMA), il n’y a pas eu d’escalade au-delà de l’illumination ; un événement suffisamment rare sur un avion de ce type pour que l’EMA s’en émeuve publiquement le 17 janvier. Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a estimé que cette « action agressive russe n’était pas acceptable ». Il ne s’agit pas là du premier incident du genre : un chasseur russe avait déjà intercepté un ATL2 en mai 2023 en mer Noire et, en Baltique, les ATL2 étaient aussi régulièrement déployés depuis l’attaque sur Nord Stream 2. Le mode opératoire comprenait un déploiement d’une dizaine d’heures de vol depuis Lann-Bihoué, seule façon de prendre en compte la disponibilité encore insuffisante de ces appareils, rendant difficile la création d’un détachement permanent supplémentaire.AAAAAAAAAAAAAAAAA La patrouille maritime française assure un rythme relativement élevé depuis quelques semaines, dont le niveau de déploiement est au-dessus de la moyenne, avec deux appareils au profit du groupe aéronaval engagés en Indonésie, un autre restant au contact en Méditerranée orientale. Ce dernier avait ainsi photographié début janvier le navire-espion russe Yantar.