Chronologie des déploiements et incidents récents (juin 2025 — février 2026)
Le 23 juin 2025, l’Iran a lancé des missiles contre la base aérienne d’Al-Udeid au Qatar en représailles aux frappes américaines contre des installations nucléaires iraniennes le 22 juin, dans le cadre de la guerre Iran-Israël. L’opération, nommée Glad Tidings of Victory, a suivi une attaque de drone iranienne le 16 juin contre le consulat américain à Erbil, en Irak.
Début janvier, l’US Air Force déploie des F-15E Strike Eagle et d’autres avions de combat vers le Moyen-Orient — notamment à Muwaffaq Salti Air Base (Jordanie) — dans un mouvement perçu comme un renforcement visible des capacités aériennes face à l’Iran.
Des exercices militaires aériens de plusieurs jours sont annoncés dans la région, notamment coordonnés autour du groupe aéronaval du USS Abraham Lincoln Carrier Strike Group, évoquant une « armada » en déplacement.
L’opération s’accompagne d’un « buildup » (concentration) de forces navales et aériennes américaines au large du Golfe comme forme de dissuasion face à une potentielle escalade.
Début février, après l’échec de plusieurs cycles de négociations sur le nucléaire, la mobilisation aérienne américaine s’accélère. Selon les données OSINT (Open Source Intelligence), plus de 300 avions militaires américains ont été positionnés dans la zone US Central Command ou CENTCOM (bases au Moyen-Orient, soutien logistique, ravitailleurs, chasseurs…).
Du 17 au 19 février 2026, le plus grand porte-avions américain, le USS Gerald R. Ford Carrier Strike Group, arrive près de la Méditerranée orientale/Oman pour rejoindre le USS Abraham Lincoln dans une posture de « double porte-avions ».
Le déploiement historique de chasseurs américains de supériorité aérienne F-22 Raptor en Israël renforce encore les capacités aériennes près de l’Iran, notamment pour dissuader des représailles iraniennes ou y répondre.
1. CONTEXTE GÉOPOLITIQUE
Malgré la posture militaire, Washington continue des négociations indirectes à Genève visant à limiter le programme nucléaire iranien. La pression aérienne s’inscrit aussi dans une stratégie combinée de pression et diplomatie.
L’objectif principal des déploiements est la dissuasion : montrer la capacité américaine à frapper rapidement et à grande échelle si l’Iran poursuit des actions jugées inacceptables ou dangereuses, notamment en matière nucléaire ou par attaques de ses intérêts dans la région.
Un déploiement de grande ampleur
L’ampleur du déploiement aérien actuel est exceptionnelle. C’est l’un des plus gros depuis des décennies.
À ce jour, ce sont plus de 300 avions militaires américains (chasseurs, bombardiers, avions de soutien logistique, ravitailleurs) qui ont été déployés dans la région du CENTCOM, notamment dans les bases du Moyen-Orient, comme Al-Udeid (Qatar) et Muwaffaq Salti (Jordanie), ainsi que sur des porte-avions.
Ces équipements sont variés et incluent des avions tels que le F-18E/F, le F-15E Strike Eagle, le F-16 et le F-35, capables de remplir des rôles tels que le combat aérien, les frappes au sol, le soutien et le ravitaillement.
La logistique est lourde : près de 270 vols de transport C-17 et C-5 ont été nécessaires pour acheminer personnel, équipements et matériel.
Les deux porte-avions offrent une capacité de projection de puissance inégalée au cœur de la zone d’intervention :
– L’USS Gerald R. Ford, l’un des plus grands au monde, est en route vers le Moyen-Orient avec 90 avions embarqués, dont des F-35C. Il est capable de réaliser 338 catapultages par jour ;
– L’USS Abraham Lincoln peut embarquer jusqu’à 90 aéronefs. Il est également déployé dans la région, renforçant la capacité américaine à lancer des sorties aériennes rapides et soutenues contre des objectifs potentiels.
De plus, les États-Unis ont déployé des chasseurs furtifs F-22 Raptor en Israël. C’est la première fois que ces avions sont basés aussi près de l’Iran dans un pays allié. Ce positionnement vise à améliorer l’interopérabilité et la capacité de réaction rapide face à une escalade.
2. CAPACITÉS STRATÉGIQUES ET SCÉNARIOS D'ACTION
Les États-Unis disposent de capacités avancées pour des frappes de haute précision, incluant une combinaison d’avions furtifs, ravitailleurs, drones de surveillance et frappes stand-off (missiles tirés à distance).
Lors d’opérations antérieures (comme en 2025, contre des installations nucléaires), les États-Unis ont utilisé des F-22, F-35, B-2 Spirit et autres plateformes furtives pour pénétrer des défenses adverses.
Défense contre riposte iranienne
L’Iran a averti que toute attaque américaine, même limitée, serait considérée comme un acte d’agression et entraînerait une riposte « avec force ».
De ce fait, le renforcement des systèmes de défense aérienne, par exemple Patriot ou autres moyens électroniques, a été intégré dans la posture américaine pour se protéger contre des missiles et des drones.
Durée probable d’une campagne aérienne
Des estimations de renseignement (annoncées par certains médias proches du dossier) suggèrent qu’une campagne aérienne soutenue purement par avions pourrait être limitée à quelques jours si elle devait se transformer en confrontation ouverte prolongée, en raison des défis logistiques et défensifs. Si une prolongation est nécessaire, le renforcement de la posture passerait par le déploiement de chasseurs polyvalents (F-15E Strike Eagle), d’avions furtifs (F-22 Raptor) et potentiellement furtifs supplémentaires (F-35) sur les bases aériennes au Qatar, en Jordanie et en Arabie saoudite, en plus du soutien de porte-avions.
Ainsi qu’un soutien aérien complet via les ravitailleurs (KC-135, KC-46), les avions de surveillance, etc., pour maintenir une capacité de frappe soutenue ou de réaction rapide.
L’équilibre entre préparation militaire et pression diplomatique demeure stratégique, les États-Unis affichant des moyens réels tout en laissant une fenêtre diplomatique ouverte.
