Ce que nous avons observé
Début février, l’Iran a augmenté ses exportations de pétrole à trois fois le taux normal entre le 15 et le 20 février et a réduit le stockage de pétrole, apparemment anticipant des perturbations. L’Arabie saoudite a tenté des mouvements de pré positionnement similaires. Ces gesticulations ont été un signal pour la maison blanche, qu’il fallait intervenir très vite.
La phase d’ouverture : 28 février 2026
Le président Trump a exposé les quatre objectifs militaires : empêcher l’Iran d’acquérir une arme nucléaire, détruire son arsenal de missiles et ses sites de production, dégrader ses réseaux de procuration et anéantir sa marine. Le résultat politique souhaité était un changement de régime de l’intérieur.
L’attaque d’ouverture a ciblé le complexe de la Maison du Leadership, tuant le Guide suprême Ali Khamenei ainsi que sa femme. Ali Shamkhani, ancien chef du Conseil suprême de sécurité nationale, ainsi qu’une quarantaine d’autres responsables ont également été tués.
Les États-Unis et Israël se sont partagés les objectifs. Israël a été chargé des frappes vers les dirigeants iraniens, pendant que les Etats-Unis se sont focalisés sur la destruction des capacités de défense. Les forces américaines ont utilisé des bombardiers furtifs B-2, des missiles de croisière Tomahawk et des drones d’attaque LUCAS.
Les premières cibles
En quatre jours (du 28 février au 03 mars), les États-Unis et Israël ont frappé plus de 2 000 cibles à travers l’Iran. Les principales cibles étant :
Opération True Promise, la réponse iranienne
La réponse iranienne a été baptisée « Opération Véritable Promesse ». Cette riposte de Téhéran a été multi-domaine, combinant frappes cinétiques, perturbations maritimes et opérations cybernétiques.
Frappes cinétiques
Dès les premiers bombardements, l’Iran a lancé une multitude de missiles et de drones contre des bases avancées américaines à travers le Moyen-Orient (Base navale de soutien à Bahreïn, la base aérienne d’Al Udeid au Qatar, la base aérienne d’Al Dhafra aux Émirats arabes unis, la base aérienne d’Ali Al Salem au Koweït et la base aérienne de Muwaffaq al-Salti en Jordanie.
Parallèlement elle a également lancé environ 125 missiles vers Israël lors de la première vague de représailles. L’effet de masse a surtout l’objectif de saturer le dôme de fer et ainsi permettre à certains missiles ou drones de la franchir.
Parmi ces frappes, certaines ont touché des infrastructures civiles dans les États du Golfe. Un drone Shahed-136 a frappé l’installation de Saudi Aramco à Ras Tanura, et un centre de données AWS aux Émirats arabes unis a été impacté, provoquant d’importantes perturbations de service. Un drone iranien a également frappé une base aérienne de la RAF- Royal Air Force- britannique à Akrotiri à Chypre.
Le Hezbollah allié de l’Iran
Dès le 2 mars, le Hezbollah a lancé des roquettes et des drones sur Israël, visant une base de Tsahal près de Haïfa, en représailles à la mort de Khamenei. L’armée israélienne a qualifié cela de déclaration officielle de guerre du Hezbollah. Israël a répondu par des attaques et des frappes aériennes sur des cibles au Liban.
Une extension des groupuscules pro iranien
En Irak, des groupes de milices pro-iraniennes ont attaqué des bases américaines près de Bagdad et d’Erbil. Les houthis au sud Yémen menacent de reprendre les attaques contre la navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb risquant d’aggraver le trafic maritime.
Des attaques cyber
L’activité hacktiviste alignée sur l’Iran a rapidement augmenté dès le début du conflit. Un nouveau centre de coordination appelé Electronic Operations Room a été créé le 28 février, coordonnant des groupes tels que Handala Hack et Cyber Islamic Resistance. Les attaques revendiquées ciblent des entreprises de défense israéliennes, des systèmes de défense contre les drones et des infrastructures et sites bancaires mais aussi gouvernementaux à Bahreïn, en Arabie Saoudite, en Jordanie et aux Émirats arabes unis.
Handala Hack est passé de la perturbation numérique à l’intimidation physique, partageant apparemment les adresses de domicile d’influenceurs irano-américains et irano-canadiens avec des agents physiques. L’application d’urgence israélienne RedAlert a été la cible de campagnes de phishing.
Et demain ?
Le président Trump a qualifié cela de « campagne de quatre à cinq semaines, l’opération n’était pas destinée à être ouverte à durée indéterminée, mais a refusé d’exclure la présence de troupes sur le terrain ». Les États-Unis continuent de projeter leur force dans la région, avec les groupes de porte-avions USS Abraham Lincoln et USS Gerald R. Ford opérationnels sur le théâtre, ainsi que des capacités supplémentaires qui rejoignent la zone comme le déploiement des navires de débarquement USS Bataan et USS Carter Hall et le destroyer USS Thomas Hudner. De plus l’envoi d’un troisième porte-avions, l’USS George H.W. Bush jusqu’alors en Méditerranée a franchi le canal de Suez pour se rapprocher du Golfe.
L’Iran vient de nommer Mojtaba Khamenei, fils d’Ali Khamenei, nouveau guide suprême. Il est présenté par beaucoup comme le véritable guide, qui agissait dans les coulisses du bureau de son père. Il est considéré comme proche des conservateurs, en raison notamment de ses liens avec les Gardiens de la Révolution et encore plus « dur » que son père. Il a affirmé que l’Iran s’est préparé à une longue guerre.
A court terme, la situation pourrait être la suivante :
Poursuite des frappes aériennes américano-israéliennes afin d’anéantir les infrastructures militaires restantes
Destruction des sites de missiles et des infrastructures nucléaires ;
La poursuite des ripostes iraniennes tant par l’emploi de drones que par des attaques cyber et la continuité des perturbations maritimes dans le détroit d’Ormuz.
Sur la front Israélo-Libanais, Israël va poursuivre son action en vue de l’effondrement du Hezbollah.
1. Missiles balistiques
Shahab-3, d’une portée d’environ 1 300 à 2 000 km est capable d’atteindre Israël et les bases américaines dans le Golfe. Il a été utilisé pour les premières salves de représailles.
Fateh-110, d’une portée d’environ 300 km, c’est un missile guidé de précision qui a été utilisé contre bases militaires régionales.
Kheibar Shekan est le missile le plus récent de la famille Fateh. Il dispose d’une trajectoire manœuvrante pour éviter les défenses antimissiles.
2. Missiles de croisière
Soumar, missile de croisière à longue portée (700 km) , capable de voler à basse altitude pour éviter les radars à une vitesse de 800km/h. C’est une version iranienne du missile de croisière soviétique Kh-55.
Hoveyzeh est une version améliorée du Soumar avec une portée estimée autour de 1 300 km.
3. Drones d'attaque
Shahed-136, drone kamikaze utilisé en grand nombre, en essaim pour saturer les défenses. Peu onéreux à la fabrication (moins de 20 000 $)
Mohajer-6 ; drone capable de lancer des missiles guidés et utilisé pour reconnaissance et frappes.
Shahed-129 , c’est un drone longue endurance comparable à un drone MALE occidental.
4. Missiles antinavires
Pour menacer les navires américains dans le Golfe l’Iran dispose (ou disposait):
Noor : missile dérivé du missile chinois C-802, d’une portée d’environ 120 km.
Khalij Fars : missile balistique conçu pour frapper des navires. Il emporte une ogive de 650kg d’explosif.
5. Guerre asymétrique maritime
L’Iran utilise aussi des vedettes rapides armées, des mines navales et des drones maritimes.
Ces moyens sont souvent employés par les Corps des gardiens de la révolution islamique.
6. Cyber-attaques et guerre électronique
Les unités cyber iraniennes ont proférées des attaques contre infrastructures militaires, les réseaux énergétiques et générées des désinformations numériques.
L’acteur principal est le Iranian Cyber Army.
