Mentor II, la formation initiale des pilotes de chasse, devient un peu plus concrète à Salon-de-Provence, avec l’achèvement, mené tambour battant, des installations de Babcock sur la BA 701. Les bâtiments doivent désormais être dotés de leurs équipements, allant des bureaux jusqu’aux simulateurs. Le premier avion est quant à lui jonctionné chez Pilatus Aircraft.
Les PC7 Mark X sont attendus dans quelques mois, a priori à partir de mars 2027. Les premiers stagiaires seront formés dès l’été 2027 et le régime de croisière doit être atteint début 2028. Ce monomoteur à hélice biplace permettra de remplacer la phase assurée par les Grob 120 à Cognac et les cinq Cirrus SR20 (tous maintenus par Airbus) à Salon-de-Provence avec un impact prévu sur la qualité et le volume de pilotes formés. Depuis 2018, l’armée de l’Air et de l’Espace dispensait sur la BA 709 de Cognac-Châteaubernard une formation avancée sur Pilatus PC-21, dont 26 exemplaires ont été acquis en deux vagues (17 + 9). À l’instar de Cognac, la formation par simulateur sera importante, à savoir 40 % contre 25 % actuellement.
Vingt-deux PC-9 seront opérés par le Centre de formation aéronautique militaire (CFAMI), en charge de l’instruction initiale des pilotes, pilotes à distance de drones (PAD) et navigateurs officiers systèmes d’armes (NOSA). Des SR22 (8 actuellement utilisés) poursuivront leur carrière à Salon pour la formation des pilotes à distance et des NOSA. Leur entretien sera remis à la concurrence en 2028. Les 125 cadres du CFAMI forment actuellement 120 stagiaires (100 pilotes, 10 PAD, 10 NOSA). Le volume de NOSA devrait augmenter pour augmenter la résilience et préparer un renforcement de la capacité du Rafale biplace.
Deux escadrons navigants actuels seront conservés, le 1/93 « Aunis » et le 2/93 « Cévennes ». De la même manière que le 3/5 « Comtat Venaissin » s’occupe de la normalisation et de l’évaluation, un escadron sera créé pour les tâches liées au SR22, avec un autre pour la simulation. Une des explications tient au fait qu’en 2029, le CFAMI reprendra la formation des moniteurs de simulation faite à Cognac sur Grob 120, pour être réalisée sur PC-7. Une dizaine de personnels navigants Marine vont aussi être formés sur PC-7, avant de rejoindre Cognac pour la phase Grob 120 et PC-21.
Dans une audition au Sénat, le chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace (CEMAAE) a expliqué vouloir former plus de pilotes de chasse par an. Le volume annuel actuel serait à 37, soit autant qu’en… 1914 ! En 1918, la France formait alors 2 000 pilotes par an. L’AAE veut se donner les moyens de former plus, en raccourcissant la formation. Tout d’abord, la mise en place de Mentor 1 et de Mentor 2 doit permettre de réduire le temps d’instruction de 12 à 15 mois. Le CEMAAE veut encore gagner six à huit mois en raccourcissant la phase théorique au sol. Face aux limites de son système de formation actuel, l’AAE a envoyé des pilotes se former à l’ENAC (École nationale de l’aviation civile) et à l’étranger, ce qui représente un désaveu du système. « Nous ne pouvions plus continuer comme cela », constate le CEMAAE. Le retour d’expérience accumulé sur la chasse servira aussi à la flotte de transport qui va devoir bientôt se séparer du Xingu.
