L'obstacle parlementaire est levé, mais la vente n'est pas encore un contrat signé. La période d'examen de 30 jours au Congrès a expiré le 17 octobre 2026 sans résolution bloquante, permettant à Washington de passer à la négociation d'une Letter of Offer and Acceptance (LOA) avec Riyad.

Le département d’État américain a notifié auprès du Congrès, le 17 septembre 2026, une vente militaire étrangère potentielle portant sur 48 F-35A Lightning II, la version à décollage et atterrissage conventionnels, pour un plafond estimé à 24,3 milliards de dollars. Ses aéronefs seront motorisés par le Pratt & Whitney F135-PW-100, avec un moteur en spare. Le contrat prévoit également la formation des équipages et des maintenanciers, le soutien logistique, les communications sécurisées, la navigation de précision, la suite guerre électronique et les équipements cryptographiques.

L'examen du Congrès

Le Congrès disposait d’environ 30 jours pour adopter une résolution de désapprobation. Le sénateur Rand Paul a déposé une telle résolution, mais elle est restée à la commission des relations étrangères du Sénat sans être soumise au vote ; la fenêtre s’est donc close sans opposition effective.

Cela ne signifie pas une livraison immédiate. L’accord doit encore être formalisé par une LOA, acceptée par l’Arabie saoudite, puis traduit en contrats de production avec Lockheed Martin et Pratt & Whitney. La configuration définitive, le calendrier de livraison, les engagements de soutien et le coût final restent à négocier.

Des enjeux opérationnels et politiques

L’Arabie saoudite deviendrait, si le contrat est conclu, le premier pays arabe à exploiter un chasseur de cinquième génération américain, après Israël au Moyen-Orient.

Washington doit préserver la Qualitative Military Edge d’Israël (avantage qualitatif israélien), ce qui implique vraisemblablement des restrictions de configuration, d’armement, de mise à jour logicielle ou d’accès aux données.

Des élus américains s’inquiètent du risque possible de fuite technologique, donnant l’accès chinois à des technologies sensibles, dans un contexte de coopération militaire sino-saoudienne.

A ce jour, aucune date ferme de livraison n’est publiée. Certaines analyses évoquent des livraisons qui ne commenceraient pas avant 2029, avec une capacité opérationnelle complète encore plus tardive.

Pour Riyad, l’accord constituerait un saut qualitatif majeur : furtivité, capteurs fusionnés, guerre électronique et interopérabilité avec les systèmes américains.

Pour Washington, il renforce la dissuasion régionale face à l’Iran, mais impose un contrôle étroit des données, de la maintenance et des mises à niveau afin de limiter les risques de prolifération technologique et de préserver la supériorité israélienne.