Le 17 mai, un Dauphin FI venu de la base aéronavale de Hyères s’est posé pour la première fois sur le bâtiment ravitailleur de forces (BRF) Jacques Chevallier à quai à Toulon. Cette première ouvre une série d’essais qui seront réalisés dans les mois à venir à bord du navire. Le BRF peut accueillir dans son hangar hélicoptère un Caïman Marine, mais aussi un drone tactique, qui dispose d’un emplacement et d’une porte d’accès dédiée, une option inédite à bord d’un navire de la Marine.
Le pont d’envol est un des plus volumineux de la force d’action navale, avec une surface d’environ 700 m2. « On peut poser jusqu’au V-22 américain, apprécie un des marins du bord qui fait la visite, mais pas le Chinook avec ses deux rotors. » La plate-forme peut recevoir jusqu’à 40 tonnes de charge, à comparer aux 6 tonnes de la génération précédente, soit la masse d’un Dauphin/Panther.
Les expérimentations à venir devraient préciser la capacité à placer éventuellement un deuxième hélicoptère dans le hangar.
Le BRF est aussi dans la Marine le premier bâtiment à disposer de deux nouveaux armements, le Simbad-RC de MBDA et le canon RapidFire de 40 mm de Thales/Nexter.
Simbad-RC avait déjà été vendu à l’export, mais c’est à bord du Jacques Chevallier qu’il a trouvé sa première installation : deux lanceurs sont implantés à bâbord et tribord, derrière la passerelle. Chacun porte deux missiles Mistral prêts à l’emploi et les lanceurs sont téléopérés depuis une console de contrôle unique, tactile, au central opérations. Le deuxième BRF portera également des Simbad-RC et il est probable que l’intégralité de la série (quatre navires) en sera dotée. Le Simbad-RC est optimisé pour le tir surface-air (contre des avions, drones, hélicoptères) à l’origine, mais MBDA a montré son aptitude à faire face à des menaces asymétriques de surface.
Rappelons, enfin, que la vocation native du BRF est le ravitaillement à la mer, avec la capacité à pouvoir stocker jusqu’à 330 tonnes de munitions (bombes, missiles de croisière, obus) dans trois zones distinctes, sur trois ponts. Le navire peut emporter aussi jusqu’à 13 000 m3 d’hydrocarbures, dont le TR5 nécessaire aux aéronefs du Charles-de-Gaulle, ou de ses frégates d’accompagnement, ou encore de porte-hélicoptères amphibies.
