Lancée conjointement avec Israël le 28 février dernier, l’opération Epic Fury (Fureur épique) est le volet américain de l’attaque contre l’Iran. Bien que l’ordre de bataille officiel et précis n’ait pas encore été publié, on peut tout de même en avoir un aperçu à partir des structures impliquées dans cette opération : le Central Command (CENTCOM), basé à El-Udeid au Qatar, responsable des opérations militaires américaines au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Asie du Sud ; et ses deux grands sous-commandements, à savoir l’Air Forces Central et le Naval Forces Central. Cela étant, plusieurs packages de forces peuvent être identifiés assez clairement. À commencer par celles embarquées sur les porte-avions USS Gerald R. Ford (CVN-78) et USS Abraham Lincoln (CVN-72).

Fer de lance de l’attaque, le Carrier Air Wing 8 (CVW 8) de l’USS Gerald R. Ford est constitué de quatre escadrons de combat (ou VFA) sur F/A-18E/F Super Hornet, en l’occurrence les VFA-31 « Tomcatters », VFA-37 « Ragin’ Bulls », VFA-87 « Golden Warriors » et VFA-213 « Blacklions ». S’ajoutent à cela un escadron de guerre électronique, le VAQ-142 « Gray Wolves » sur EA-18G Growler, un escadron de guet aérien, le VAW-124 « Bear Aces » sur E-2D Advanced Hawkeye, deux escadrons d’hélicoptères, le HSC-9 « Tridents » sur MH-60S Seahawk et le HSM-70 « Spartans » sur MH-60R Seahawk. De son côté, le CVW 9 de l’USS Abraham Lincoln, qui participe aussi aux frappes tout en assurant la protection de la flotte et le blocus maritime du détroit d’Ormuz, il aligne un escadron sur F-35C, en l’occurrence le Marine Fighter Attack Squadron 314 (VMFA-314) « Black Knights », trois escadrons sur F/A-18E/F Super Hornet, les VFA-14 « Tophatters », VFA-41 « Black Aces » et VFA-151 « Vigilantes », plus le VAQ-133 « Wizards » sur EA-18G Growler, le VAW-117 « Wallbangers » sur E-2D Advanced Hawkeye, le VRM-50 « Sunfish » sur CVM-22B Osprey, le HSC-14 « Chargers » sur MH-60S Seahawk et le HSM-71 « Raptors » sur MH-60R Seahawk.

À propos de flottes embarquées, il convient de rappeler celles de l’US Marine Corps composées des deux Amphibious Ready Groups (ARG) autour des USS Tripoli (LHA-7) et USS Boxer (LHD-4), qui ont rejoint la zone des opérations, respectivement, fin mars et début avril dernier. Le premier comprend notamment les F-35B du Marine Fighter Attack Squadron 121 (VMFA-121) « Green Knights », les MV-22B Osprey du Marine Medium Tiltrotor Squadron 262 (VMM-262) « Flying Tigers », les hélicoptères de transport CH-53K King Stallion du HMH-465 « Warhorses », de combat et de reconnaissance AH-1Z Viper et UH-1Y Venom du HMLA-169 « Vipers » et MH-60 Seahawk du HSC-25 « Island Knights ». Les moyens aériens de l’ARG mené par l’USS Boxer sont presque identiques, avec le VMFA-225 « Vikings » sur F-35B, le VMM-165 « White Knights » sur MV-22B Osprey, le HMH-462 « Heavy Haulers » sur CH-53K King Stallion, le HMLA-267 « Stingers » sur AH-1Z Viper et UH-1Y Venom et le HSC-21 « Blackjacks » sur MH-60 Seahawk. L’USS Tripoli est actuellement en configuration Lightning Carrier et embarque une vingtaine de F-35B environ. L’USS Boxer est, quant à lui, en configuration amphibie classique avec moins d’une dizaine de F-35B, mais avec plus de moyens de projection de la mer vers la terre.

L’opération Epic Fury mobilise aussi plusieurs unités de l’USAF qui opèrent depuis des bases terrestres au Moyen-Orient et viennent compléter le dispositif aéronaval. Sans entrer dans les détails, citons notamment les bases israéliennes d’Ovda et de Nevatim, qui accueillent respectivement des F-22A Raptor et des KC-46 Pegasus ; celle émirienne d’Al-Dhafra, centre névralgique des missions d’ISR, de ravitaillement en vol et de frappes avec, respectivement, des RQ-4 Global Hawk, des KC-10 Extender et des F-35A ; la base aérienne qatarie d’Al-Udeid, siège du CAOC (Combined Air Operations Center) qui dirige toute l’opération Epic Fury, d’où partent les bombardiers B-1B Lancer pour les frappes de saturation par missiles de croisière JASSM-ER (Joint Air-to-Surface Standoff Missile-Extended Range) et les RC-135 Rivet Joint pour l’écoute électronique des communications ennemies ; la base jordanienne de Muwaffaq Salti ou Azraq où sont déployés des F-15E Strike Eagle et des A-10C Thunderbolt II. Dans l’océan Indien, la base de Diego Garcia accueille des bombardiers B-2 Spirit et B-52H Stratofortress pour les frappes massives et/ou de précision.

Ce déploiement de forces déjà conséquent devrait être renforcé par l’arrivée sur zone d’un autre groupe aéronaval, en l’occurrence celui du porte-avions USS Carl Vinson (CVN-70), dont le CVW 2 compte notamment un escadron de combat sur F-35C, le VFA-147 « Argonauts », trois autres sur F/A-18E/F, les VFA-2 « Bounty Hunters », VFA-113 « Stingers » et VFA-192 « Golden Dragons », un sur EA-18G Growler, le VAQ-136 « Gauntlets », un sur E-2D Advanced Hawkeye, le VAW-113 « Black Eagles », un de transport sur CMV-22B Osprey, le VRM-30 « Titans », et deux d’hélicoptères, le HSC-4 « Black Knights » sur MH-60S Seahawk et le HSM-78 « Blue Hawks » sur MH-60R Seahawk.

À la date du 4 avril dernier, les forces aériennes américaines avaient perdu au total huit de leurs appareils : trois F-15E le 2 mars au Koweït (tir ami), un KC-135 le 13 mars en Irak, un F-35 le 19 mars, un E-3 Sentry le 31 mars, et un F-15E ainsi qu’un A-10 le 3 avril.