D’une ampleur historique impliquant pas moins de 200 avions de combat et de support pour les missions ISR (Intelligence, Surveillance & Reconnaissance) et de ravitaillement en vol, l’opération Roaring Lion (Lion rugissant) lancée le 28 février dernier contre l’Iran s’inscrit dans le cadre d’une opération conjointe avec les États-Unis.

Étant peu coutumier d’indiquer quelles sont les unités de Tsahal impliquées dans ses opérations militaires, Israël a gardé le secret sur l’ordre de bataille précis de l’Israeli Air Force pour l’opération « Lion rugissant ». Les informations disponibles de sources ouvertes restent donc pour l’instant partielles et floues. Cela étant, les premières frappes aériennes contre l’Iran ont été probablement menées par au moins deux escadrons sur F-35I Adir, soit la quasi-totalité de la flotte engagée dès les premières vagues, notamment pour saturer les défenses antiaériennes iraniennes et frapper les centres de commandement et les installations de missiles, sans nécessiter de ravitaillement pour cibler les objectifs situés à l’ouest de l’Iran. Il s’agirait donc du 140 Squadron « Golden Eagles » et du 116 Squadron « Lions of the South » basés à Navatim. L’unité la plus récente, le 117 Squadron « First Jet », qui stationne également à Navatim, aurait pu fournir le renfort pour les vagues subséquentes (initialement dédié à l’entraînement, cet escadron est en phase de transition pour assurer des missions de combat).

Pour les frappes lourdes à longue distance de la deuxième vague, l’escadron le plus susceptible d’y avoir participé en première ligne devrait être le 69 Squadron « Hammers », basé à Hatzerim, et dont les F-15I Ra’am sont les seuls à pouvoir emporter des charges massives, comme les bombes anti-bunkers GBU-28, sur de très longues distances, et à traiter les sites durcis et les infrastructures souterraines. Les deux escadrons de Tel Nof, le 106 Squadron « Spearhead » et le 133 Squadron « Knights of the Twin Tail », sur F-15 Baz, ont certainement été sollicités pour assurer les missions de supériorité aérienne (escorte des formations, interception éventuelle de la chasse iranienne et protection des avions ravitailleurs). En ce qui a trait aux escadrons sur F-16I Sufa, ceux dont l’engagement est quasi certain sont ceux du Wing 25 basé à Ramon, c’est-à-dire les 119 Squadron « Bat », 201 Squadron « The One » et 253 Squadron « Negev », pour les missions de frappes secondaires, la suppression de cibles mobiles et la saturation des défenses aériennes. De leur côté, les escadrons sur F-16 Barak, tels ceux basés à Ramat David, les 101 Squadron « First Fighter », 105 Squadron « Scorpion » et 109 Squadron « Valley », ont probablement effectué des missions de soutien et d’allègement.

En ce qui concerne les munitions utilisées, celles-ci varient suivant le type de vecteurs et les objectifs à traiter. En gros : bombes guidées laser GBU-28 Bunker Buster de 2,2 t et GBU-72 pour les F-15I ; bombes guidées GBU-39 SMB et GBU-31 JDAM pour les F-35I ; missiles air-sol Rampage et kits de guidage Spice 1000 et 2000 pour les F-16I.

Les opérations de ravitaillement en vol ont été assurées en priorité par le 120 Squadron « Desert Giants » basé à Nevatim, qui opère sur Boeing 707 Re’em, alors que les Gulstream G-500 du 122 Squadron « Nachshon », basé également à Nevatim, et les drones Heron TP du 210 Squadron « White Eagle » de Tel Nof, Hermes 450 du 161 Squadron « Black Snake » et Hermes 900 du 166 Squadron « Fire Birds », tous deux basés à Palmachim, ont assuré les missions ISR.