Le 9 octobre 2026, Lockheed Martin a dévoilé le PAC-3 Edge, un missile intercepteur de nouvelle génération dérivé du PAC-3 MSE, destiné à étendre la défense Patriot contre les missiles hypersoniques et menaces aériennes avancées.

L’annonce intervient alors que Washington cherche à reconstituer ses stocks et à accroître la production d’intercepteurs PAC-3. Lockheed Martin vise un coût de fabrication similaire au PAC-3 MSE et une cadence de production comparable d’environ 600 à 2 000 missiles, dans le cadre d’un accord-cadre de sept ans avec le Pentagone.

Lockheed Martin s’est appuyé sur le PAC-3 MSE éprouvé au combat afin de réduire les coûts de développements et faciliter son intégration dans les systèmes Patriot.

Ce missile offrira une meilleure précision et manœuvrabilité face à des cibles rapides ou manœuvrantes. Sa propulsion est basée sur un moteur-fusée à multi-impulsions de Northrop Grumman (poussée délivrée en plusieurs phases du vol) avec des commandes de vol améliorées. L’objectif est d’engager des cibles plus rapides, plus manœuvrantes et à trajectoire plus imprévisible, notamment dans la phase terminale d’un missile hypersonique.

Le missile est conçu pour s’intégrer à l’écosystème américain de défense aérienne et antimissile intégrée – programme Future Interceptor de l’US Army. Il pourra s’intégrer dans différents systèmes comme l’IBCS (Integrated Battle Command System), le lanceur M903 Patriot, des lanceurs conteneurisés ou encore sur l’HIMARS Flex.

Lockheed Martin prévoit de lancer les essais en 2027 et vise un déploiement rapide à partir de 2031, sous réserve du développement et des évaluations.

La technologie multi-Impulsions

Le PAC-3 Edge est une évolution du PAC-3 MSE, pas un missile entièrement nouveau : il conserve l’approche hit-to-kill et la base industrielle du MSE, avec une propulsion à impulsions multiples et des commandes de vol améliorées.

Le MSE utilise déjà deux impulsions de poussée, ce qui lui donne une portée et une altitude supérieures au PAC-3 CRI. Le PAC-3 Edge passe à une architecture multi-impulsions : le moteur peut allumer des charges propulsives à différents moments, plutôt que de consommer une impulsion initiale puis une seconde.

Concrètement, cela permet de mieux répartir l’énergie entre la montée, la poursuite et la phase terminale. Pour une cible hypersonique, la difficulté n’est pas seulement la vitesse, mais aussi la capacité à corriger une trajectoire et à conserver suffisamment d’énergie pour une manœuvre terminale : c’est précisément le rôle attendu de cette propulsion et des nouvelles commandes de vol.