Le 22 octobre 2026, le Pentagone et Lockheed Martin ont annoncé un accord-cadre décennal prévoyant au moins 850 F-35 Lightning II pour les forces américaines. Ce n'est toutefois pas encore une commande ferme : le Congrès doit autoriser l'achat pluriannuel et voter les crédits correspondants.

Cet accord prévoit un minimum de 850 F-35 sur dix ans, soit une moyenne d’environ 85 appareils/an. La production actuelle serait maintenue à 156 avions/an, commandes internationales comprises.

En contrepartie de cet accord, Lockheed Martin s’engage à autofinancer au moins 7 milliards de dollars pour renforcer les capacités industrielles et logistiques. Outre les appareils, LM fournira les pièces de rechange initiales, les kits de modernisation sur dix ans, le soutien logistique de la flotte mondiale et assure les commandes étrangères.

L’accord-cadre ne constitue pas une commande exécutoire. Il doit être transformé en contrat formel après que le Congrès aura adopté une autorisation d’achat pluriannuel et alloué le financement.

Le point bloquant est budgétaire : les États-Unis fonctionnent actuellement sous une loi provisoire jusqu’au 11 décembre, qui maintient les dépenses au niveau de l’exercice précédent et empêche généralement le Pentagone de lancer de nouveaux programmes ou des achats pluriannuels. L’accord ne peut être signé définitivement que si le Congrès accorde à la fois une autorisation d’achat pluriannuel et les crédits nécessaires.

Les obstacles sont surtout procéduraux et budgétaires, mais ils se combinent avec la méfiance historique du Congrès envers les coûts, la disponibilité et la gouvernance du programme F-35.

Des points de friction législatifs subsistent

Le texte de la Chambre subordonne l’autorisation à une certification selon laquelle le contrat inclut l’ensemble des pièces de rechange initiales et équipements de mission de rechange pour chaque appareil.

Il est demandé au Pentagone une « Exigence d’économies » en démontrant que le contrat pluriannuel génère au moins 5% d’économies par rapport au mode d’achat classique.

A ce jour, ni la Chambre ni le Sénat n’autorisent explicitement un accord pluriannuel de soutien, alors que le cadre annoncé couvre dix ans de maintenance, pièces et kits de modification.

Pour Washington, l’enjeu est de stabiliser la production du F-35 sur une décennie, d’obtenir des remises de volume et de sécuriser la chaîne industrielle. Pour Lockheed, la perspective de 850 appareils américains, en plus des exportations, donne une visibilité exceptionnelle à Fort Worth et à ses sous-traitants.

Les 850 appareils concernent les lots 21 à 30 du programme. À titre purement indicatif, un ordre de grandeur autour de 68 milliards de dollars peut être calculé à partir d’un prix unitaire d’environ 80 millions de dollars, mais ce chiffre n’inclut ni le soutien, ni les modernisations, ni les pièces, et ne constitue donc pas une valeur contractuelle.