Le premier F‑35A destiné à la Luftwaffe a achevé son assemblage final chez Lockheed Martin à Fort Worth (Texas) en août 2026. Aux côtés des Eurofighter, l'Allemagne disposera de deux systèmes de combat aérien de première ligne et complémentaires
Le MG‑01 est le premier des 35 F‑35A commandés par l'Allemagne via le programme FMS américain.
Le 18 septembre prochain est prévue la sortie officielle de l’avion aux couleurs de la Luftwaffe (rollout), avant sa livraison initiale pour la formation sur le territoire américain ;
Ainsi les huit premiers F‑35A allemands (dont MG‑01) seront livrés et utilisés à la Ebbing Air National Guard Base (Arkansas) pour la formation des pilotes et des maintenanciers de la Luftwaffe.
Fin 2027, les premiers F-35A et les équipages formés toucheront le sol allemand sur la base de Büchel (ouest de l’Allemagne), où ils remplaceront progressivement les Tornado dans la mission de partage nucléaire de l’OTAN.
En 2029, l’aré de l’air allemande disposera de la capacité opérationnelle initiale (IOC) et un an après de la capacité opérationnelle pleine (FOC).
Une augmentation de vecteurs
La commande initiale était de 35 F‑35A (contrat FMS 2022–2023), mais récemment, l’Allemagne a porté son objectif à 50 F‑35A, pour sécuriser la mission de partage nucléaire de l’OTAN et se prémunir contre les incertitudes du programme européen FCAS.
Les 35 premiers F‑35A étaient déjà destinés à remplacer les Tornado IDS à Büchel (porteurs certifiés B61‑12) dans la mission nucléaire. L’extension à 50 avions renforce la flotte, la disponibilité et la résilience face aux indisponibilités techniques ou aux cycles de maintenance lourds. De même dans l’arrêt du programme FCAS (Future Combat Air System) franco‑germano‑espagnol il est apparu nécessaire à Berlin de disposer de 50 F‑35A permettant à la Luftwaffe de disposer d’une masse critique de 5ᵉ génération « prête à l’emploi » en attendant les décisions post‑2035/2040.
Avec une flotte plus large, cela permet une rotation des détachements, la participation aux exercices majeurs et l’alignement avec les autres opérateurs européens (Italie, Pays‑Bas, Belgique, etc.), sans contraintes de disponibilités.
Le coût de la tranche supplémentaire serait de l’ordre de 2,5 milliards d’euros pour les 15 appareils, soit un coût unitaire moyen cohérent avec les packages FMS (cellule, moteurs, logistique, armement, formation).
Les 15 avions supplémentaires sont attendus début années 2030, après la mise en service des premiers lots et la montée en puissance à Büchel.
Berlin maintient parallèlement des achats d’Eurofighter (notamment pour la supériorité aérienne et les rôles non nucléaires) en cours de renforcement quantitatif et qualitatif dans le cadre du programme Quadriga, tout en faisant du F‑35A le socle « furtif / frappe précise / nucléaire » de la Luftwaffe. L’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne ont également adopté cette stratégie de maintien de deux flottes depuis des décennies.
Avec les premiers avions livrés dès 2026‑2027 et l’IOC prévue vers 2029, la tranche supplémentaire réduit le risque de « trou capacitaire » si les Tornado devaient être retirés avant la date envisagée, date qui a été prolongée avec la fin du programme FCAS.
L’extension de cette commande confirme l’ancrage transatlantique de Berlin dans le domaine du combat aérien de haute intensité, tout en laissant la porte ouverte à des options européennes à plus long terme.
