Après l'abandon du SCAF en juin 2026, la France a officiellement replacé le Rafale F5 — rebaptisé « super Rafale » par Éric Trappier, PDG de Dassault, au cœur de sa stratégie de combat aérien, avec une accélération industrielle concrète cet été 2026.
Contexte stratégique : du SCAF au « plan B » français
Le SCAF (Système de combat aérien du futur), porté avec Airbus pour l’Allemagne et l’Espagne, a été abandonné le 8 juin 2026 après des années de blocages industriels et stratégiques.Face à ce vide, le Rafale F5 est devenu le « plan B » prioritaire pour éviter une rupture capacitaire avant l’arrivée d’un futur chasseur de 6ᵉ génération, évoqué à l’horizon 2045.
La Loi de programmation militaire (LPM) 2024‑2030 actualisée prévoit la livraison de 47 Rafale F5 d’ici 2035, en priorité aux Forces aériennes stratégiques (FAS).
Principales évolutions techniques du « super Rafale » F5
Le F5 est présenté comme une « profonde rénovation à mi‑vie » orientée combat collaboratif, entrée en premier et traitement massif de la donnée.
La propulsion de l’aéronef sera faite grâce au moteur M88 T‑REX de Safran qui a reçu la notification pour la conception préliminaire de ce moteur. Ce dernier développera une poussée maximale de 9 t contre 7,5 t aujourd’hui, soit +20% supplémentaire de poussée. L’objectif est d ‘ améliorer les performances en régime transsonique/supersonique, la capacité d’emport et la marge énergétique pour de nouveaux capteurs/missions.
https://raids-aviation.fr/2026/09/04/le-moteur-t-rex/
Un avion de nouvelle génération se doit d’avoir une connectivité et une suite « guerre électronique » de haut niveau grâce en particulier à des liaisons de données IVDL (Thales) et une puissance de calcul embarquée. Thales développe un nouveau système Inter‑Vehicle Data Link (IVDL) avec une nouvelle forme d’onde haut débit, discrète et résistante au brouillage. L’ensemble de ces systèmes doivent permettre au Rafale F5 de pénétrer des zones hostiles saturées de brouilleurs tout en maintenant des échanges fiables entre les aéronefs et les drones ailiers.
Le F5 sera le porteur du futur missile air‑sol nucléaire de 4ᵉ génération (ASN4G), successeur de l’ASMPA‑R, destiné aux FAS. MBDA est impliqué dans les contrats d’été 2026 pour les équipements et intégrations d’armement associés.
Le standard F5 est conçu pour le combat collaboratif, avec la capacité d’être accompagné d’un drone ailier de combat (loyal wingman / UCAV), du fait de l’architecture logicielle et des liaisons de données pensées pour gérer le binôme homme‑machine dans des environnements contestés.
Radar, capteurs et IA embarquée
Les contrats notifiés incluent des évolutions majeures des radars, capteurs et de l’IA embarquée, bien que les détails exacts restent partiellement couverts par le secret défense. Le nouveau radar sera le RBE2-XG, une évolution adar AESA (antenne active à balayage électronique) actuellement embarqué sur les Rafale F3-R.
Le but est de faire du F5 un avion « haut du spectre », capable d’agir en première ligne avec une supériorité informationnelle.
Le « super Rafale » consolidera la souveraineté française en maintenant une ligne de développement et de production nationale entre le Rafale actuel et la 6ᵉ génération.
À partir de 2035, Dassault prévoit de proposer le F5 à l’export, en capitalisant sur le succès mondial du Rafale et en offrant une évolution crédible face aux futurs F‑35, F‑15EX, Gripen E et autres.
Calendrier prévisionnel
Été 2026 : la DGA a notifié des contrats à Dassault, Thales, Safran et MBDA pour passer des études à la réalisation des premiers équipements du standard F5.
Fin 2026 : lancement prévu de la fabrication des premiers équipements.
2033 : qualification de l’aéronef.
2033‑2035 : mise en service dans Armée de l’Air et de l’Espace puis dans la Marine nationale.
A partir de 2035 : proposition d’export à l’international.
Vers 2045 : horizon évoqué pour un futur chasseur de 6ᵉ génération, dont le financement reste débattu avant les arbitrages budgétaires de 2027
